La poliorcétique ou l'art du siège à l'époque romaine

Au cours d'une guerre, un ennemi peut se réfugier dans une ville ou un camp fortifié difficile à prendre. Il faut donc faire le siège de cette place forte ou de ce camp et il existe une science militaire pour ça: la poliorcétique et les Romains sont devenus des experts dans le domaine.

Quèsaco?

Un siège est l'attaque plus ou moins longue d'une place forte ennemie. Le but des assiégeants (ceux qui attaquent) est d'amener près du rempart les hommes et le matériel nécessaire pour le franchir ou le détruire.

Les Romains ont appris la poliorcétique, c'est à dire l'art de prendre des places fortifiées, au contact avec les Grecs qui avaient colonisés le sud de l'Italie.

Ils existent deux types de poliorcétiques: l'agressive et la défensive.

 

Poliorcétique agressive

Cet aspect de la poliorcétique consiste à mettre en œuvre des techniques pour faire le siège d'une cité ou d'une forteresse ennemie. Les Grecs puis les Romains ont ainsi mis en œuvre de très nombreux moyens pour réussir la grande majorité des sièges qu'ils ont entrepris.

La première de ces techniques, le blocus, consiste à encercler le lieu fortifié de l’ennemi. L’objectif premier du blocus est d’affamer les assiégés (ceux qui défendent) et de les empêcher de s’échapper. Pour ce faire les Romains installent deux lignes de fortifications autour du lieu à assiéger. La première de ces fortifications est la contrevallation qui vise à empêcher les assiégés de sortir ou de s’échapper. La deuxième ligne de fortification, derrière la première, a pour objectif de contrer une possible armée de secours qui pourrait venir aider les assiégés. Cette deuxième ligne est appelée circonvallation.

La deuxième technique consiste à faire usage de l’artillerie pour causer des dommages au mur avant que les soldats ne l’atteignent. Les Romains n’ont que peu améliorés ces techniques qui leur sont parvenu grâce aux Grecs. Cependant ils ont utilisés plus efficacement ces outils de destruction. D’abord, on a la catapulta plus connu sous le nom de Scorpion ou Baliste. Cet engin servait à tirer des flèches en direction des défenseurs qui se trouvaient sur le mur. Les scorpions pouvaient tirer avec une portée de 300m. Les Romains ont également utilisés des onagres pour lancer des boulets en direction des murs pour les faire s’écrouler ou encore pour laisser des carcasses d’animaux morts dans la ville pour propager des maladies (c’est une des premières utilisations des armes biologiques).

Après avoir endommagé le mur, les Romains vont se porter à l’assaut des murs. Pour faire s’effondrer les murs ou pour ouvrir la porte, les soldats pouvaient porter un bélier. Un bélier est une longue poutre en bois dont une extrémité métallique a la forme de la tête d’un bélier (d’où le nom de l’arme). Certains béliers peuvent mesurer jusque 60m de long ce qui requiert 200 hommes pour les manier.

Cependant, pour utiliser le bélier, il faut que les hommes puissent arriver jusqu’au mur et ils font pour cela se protéger. Pour cela les soldats utilisent des vinae, des sortes de baraques roulantes leur permettant de se protéger. Le toit des vinae est généralement recouvert de peaux mouillées pour protéger les soldats des projectiles enflammés. Les Romains ont également utilisés de hautes tours mobiles pour s’approcher des murs et tirer sur les défenseurs.

 

Poliorcétique défensive

La poliorcétique défensive consiste à protéger et renforcer un lieu pour l’aider à résister à un siège. Pour ce faire, le propriétaire des lieux peut construire de hauts remparts avec des tours pour les défenseurs. Il faut aussi penser au fait qu’un siège peut durer longtemps et donc prévoir des réserves de nourritures conséquentes en permanence. Enfin, il faut veiller à ce que le lieu ne se trouve pas sans défenseurs.

 

Avec l’amélioration des défenses de lieux stratégiques, les Grecs et les Romains ont dû améliorer leurs techniques de sièges et ont élevé ces techniques au rang de science militaire. Ces techniques s’amélioreront au fil du temps jusqu’à ce que des armes de sièges trop perfectionnées rendent impossible la possibilité pour les lieux stratégiques de se fortifier efficacement.

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