Lofoten raid

Opération Claymore

L’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale n’est pas uniquement faite de grandes batailles ou d’opérations impliquant des centaines de milliers d’hommes.
Elle est aussi faite de petits coups ayant eu d’immenses impacts sur la poursuite du conflit.
C’est notamment le cas de l’Opération Claymore ayant eu lieu le 4 mars 1941.

En ce début d’année 1941, l’Angleterre se sent seule et un peu impuissante face à l’infernale machine de guerre nazie.

La France a capitulé le 22 juin 1940 et la bataille d’Angleterre dure depuis le 10 juillet de la même année.
Bombardement des usines, des infrastructures des ports ou des villes, l’effort de destruction allemand est massif.
Les anglais et leur moral tiennent bon. Mais pour combien de temps encore ?

Il faut donc, pour le gouvernement et l’armée britannique, un succès pour montrer à l’opinion qu’ils ne sont pas uniquement passifs et qu’ils peuvent répliquer.

L’armée décide alors de mener un raid sur les îles Lofoten, un archipel au large de la Norvège (occupée par les allemands depuis le 10 juin 1940).

Pour ce raid (baptisé opération Claymore), les britanniques engagent 800 hommes des commandos 3 et 4 du Special Service Brigade ainsi que plusieurs experts en démolition des Royal Engineers.
Les forces norvégiennes libres envoient également 52 commandos pour participer à l’opération.

Leur objectif est de neutraliser des installations industrielles, de recruter des volontaires et d’arrêter les partisans du chef de la collaboration norvégienne.
L’opération est lancée le 04 mars 1941 et dépasse les objectifs initiaux.

Et pour cela, il va falloir un peu parler chiffre :

314 norvégiens s’engagent dans les forces de la Norvège Libre
216 allemands et 60 norvégiens collaborateurs sont arrêtés
3 500 000 litres de pétrole sont brulés
3 600 tonnes d’huile et de glycérine (destinées à la fabrication d’armes) sont détruites en même temps que leurs usines de fabrication
11 navires sont coulés


Pour ce bilan très positif réalisé en 6 heures d’occupation, les britanniques n’ont qu’un seul blessé.

Mais surtout, une machine Enigma de la marine et ses codes sont capturés sur un chalutier allemand ce qui aidera les agents de décodage de Bletchley Park. De nombreuses attaques de sous-marins sur les convois atlantiques pourront ainsi être évitées.

Au-delà de ce bilan important, le raid aura un énorme impact sur les deux ennemis.

Pour le Royaume-Uni, cela correspond à la première véritable victoire totale des Alliés contre les allemands.
Reprit massivement par la presse et la radio, le « Lofoten raid » donne un sérieux coup de boost au moral de la population.

Pour les allemands en revanche, le raid est mal vécu et des mesures démentielles sont mises en œuvre pour éviter qu’une telle opération n’ait à nouveau lieu au même endroit.
Des maisons sont brulées, des habitants sont prit en otage, terrorisés ou déportes et d’importantes fortifications sont érigées. L’endroit sera d’ailleurs, à la fin de la guerre, le plus fortifié de Norvège.
Cela entraîne également l’établissement d’une garnison en Norvège de plus de 100 000 hommes, une garnison surdimensionnée pour un pays comme celui-là. Ces hommes feront alors défaut lors des opérations en Russie ou lors des débarquements alliés à l’ouest (Sicile, Italie, Normandie et Provence).

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