Robert maloubier

Robert Maloubier, le James Bond français

culturalis Par Le 25/09/2022

« Vous êtes à l’origine d’opérations secrètes de premier plan et la nation ignore encore ce que vos nageurs ont fait pour elle ».
Quand votre éloge funèbre (et quel éloge) est réalisé par le chef des services secrets français, c’est que vous n’êtes pas n’importe qui.
Plongeons alors dans les documents classifiés sur le vie du « James Bond » français : Robert Maloubier.

Né le 2 février 1923, il prépare son passage du baccalauréat quand les allemands percent le front en mai 1940 et envahissent la France. Les épreuves sont alors suspendues et Robert essayent d’aller en Angleterre rejoindre De Gaulle puis l’Algérie qu’il atteint en 1942.

Il rencontre alors Jacques Vaillant de Guélis, un agent secret franco-britannique, qui le recrute au sein du SOE (Special Operations Executive), un service anglais visant à soutenir les mouvements de résistance à l’Axe dans le monde et à commettre des actes ayant pour but de perturber les ennemis de la Grande Bretagne.

Après un entraînement au parachutage, au sabotage et au tir, il est envoyé en Normandie en août 1943 en tant que saboteur.
Il parvient à détruire un ravitailleur de sous-marin, une usine d’avion et également une centrale électrique près de Rouen.

Le 20 décembre 1943, alors qu’il est à moto, il est arrêté par les allemands qui se mettent à lui tirer dessus quand il prend la fuite. Une balle l’atteint et le touche en plein poumon. Il se jette alors dans un canal glacial pour ne pas être retrouvé par les chiens puis s’endormit dans un champ par une température de -10 degrés. Arrivant le lendemain à Rouen, il put être soigné : le froid et la glace avaient stoppé l’hémorragie.
Après sa convalescence, il rentre à Londres en février 1944.

Il sera renvoyé dans le Limousin en juin où il ira soutenir les maquisards dans la région.
Mi 1945, la guerre se termine en Europe et il est envoyé au Laos où il sera capturé par les japonais en août et détenu jusqu’à l’armistice.

Il quitte alors le SOE qui n’a plus besoin de profil de saboteur comme le sien et va rejoindre les nouveaux services secrets français (la SDECE renommée aujourd’hui en DGSE).
Il participe en 1947 à la création de la branche armée du service : le Service Action.

Et en 1952, il fonde l’unité des nageurs de combat français, une des meilleures unités d’élite de l’armée française aujourd’hui. Il remettra d’ailleurs symboliquement le 1000e béret de l’unité en juillet 2014.

Il quittera les services de renseignement en 1960 mais sans jamais vraiment couper tout lien avec l’institution où il travailla 15 ans. Il géra ainsi des domaines forestiers au Gabon, travailla avec Jacques Foccard (le Monsieur Afrique de De Gaulle) puis fut engagé par Shell et Elf (aujourd’hui Total).

Il est décoré par Élisabeth II de l’Ordre de l’Empire Britannique le 5 juin 2014 pour les 70 ans du débarquement en Normandie mais son tableau des médailles comprend aussi l’Ordre du Service distingué, la Légion d’Honneur, plusieurs autres distinctions militaires françaises et britanniques mais également l’Ordre du Million d’Elephants et du Parasol Blanc du Laos.

Robert Maloubier (Bob) meurt le 20 avril 2015 et il sera enterré le 29 avril.

C’est la fin d’une vie digne d’un roman d’espionnage ou d’action. Une vie avec d’ailleurs encore beaucoup de zones d’ombre illustrée par cette phrase lors de son éloge :

« Vous nous quittez aussi avec quelques secrets ... ».

 

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