Gilbert Bécaud, monstre de la chanson française complètement oublié

Jacques Chirac parlait ainsi de Bécaud : « Il était l’une des voies les plus fortes et les plus entrainantes de notre temps »

Gilbert Bécaud.
Ce nom ne vous dit surement rien et pourtant vous connaissez forcément plusieurs de ses chansons.

C’est en effet Bécaud qui a écrit les chansons « L’orange du marchant » et « Et maintenant ».

 

I - Jeunesse et début de carrière

François Gilbert Léopold Silly né le 24 octobre 1927. Il ne prendra le nom de Bécaud qu’en 1952 suite au divorce de sa mère avec Mr. Silly et sa nouvelle relation avec Mr. Bécaud qui deviendra le père adoptif de Gilbert.Becaud jeune

Il s’intéresse très jeune à la musique et notamment au piano et entre à 9 ans au Conservatoire de Nice. Il le quittera en 1942 quand sa famille partira en Savoie pendant la guerre. Il intégrera alors le maquis du Vercors.

A la fin de la guerre, il remonte à Paris et fait quelques petits contrats de pianiste dans des bars. Il compose quelques musiques et la SACEM enregistre le nom de François Bécaud (son nom de plume à l’époque) pour la première fois en 1947.
En 1948, il rencontre Pierre Delanoë avec qui il écrira pendant le reste de sa carrière.

En 1950, il rencontre Jacques Pills et l’accompagne sur scène pendant plusieurs tournées et ils écrivent ensemble plusieurs chansons dont une sera acceptée directement par Edit Piaf.
Gilbert se met alors à suivre Edit Piaf et rencontre un auteur et interprète encore débutant mais promis à un très grand avenir : Charles Aznavour.

En 1952, il prend définitivement le nom de Gilbert Bécaud et épouse Monique Nicolas la même année. Un fils, Gaya, naitra de l’union l’année suivante.

II - Une carrière pleine de succès

Pendant que Gaya voyait le jour le 2 février 1953, Bécaud enregistre en studio ses deux premiers titres.
En même temps, l’Olympia décide de rouvrir après 25 ans de fermeture et le propriétaire pense à Bécaud en tant que tête d’affiche pour la soirée d’ouverture. Cette soirée du 5 février 1954 sera un succès mais il faudra attendre encore un an pour que le phénomène Bécaud décolle en France.

C’est une vedette en Amérique, mais en France il est peu connu. Ce 17 février 1955 va tout changer.
L’énergie qu’il dégage à l’Olympia rend fou le public en face de lui qui se met alors à dévaster la salle et à détruire plusieurs sièges. La presse en parlera et le surnommera « Monsieur 100 000 Volts ».Monsieur 100 000 volts

La carrière de Bécaud est lancée.

A partir de ce moment, il se concentre sur ses tournées qui l’emmène aux 4 coins du monde et il peut faire jusqu’à 250 concerts par an.

Il écrit aussi des chansons pour le cinéma (il est parfois aussi acteur mais cela restera toujours très secondaire pour lui) et pour la radio qui créera des émissions très populaires auprès des adolescents.

En 1957, son deuxième fils, Philippe, voit le jour.

En 1960, vedette internationale, il reçoit de la Grand Prix du Disque et la cantate de Noel qu’il a écrit cette année-là « L’enfant à l’étoile » est diffusée à la télévision le 24 décembre 1960.

En 1961, il sort le célébrissime « Et maintenant » qui sera énormément repris à travers le monde (plus de 150 fois).

En 1962, il écrit un opéra, « L’Opéra d’Aran », qui sera joué plus de 100 fois à l’époque et qui est encore repris aujourd’hui.

Avec la nouvelle génération de chanteurs « yéyé » qui arrive, il suit l’exemple de Charles Aznavour et se met à écrire des chansons pour eux.
Il n’arrête pas pour autant de continuer à écrire des mélodies qui deviendront des classiques de la chanson française comme « Nathalie » (1964), « L’important c’est la rose » (1967) ou encore « La solitude ça n’existe pas » (1970).

Il continue sa vie effrénée mais, au bout de 20 ans, il commence à fatiguer. Pourtant, ce n’est pas terminé.
Le 14 janvier 1974, il est fait chevalier de la légion d’honneur et décoré sur la scène de l’Olympia.

Il continue les succès, sort de nombreux albums et fête ses 30 ans de carrière à l’Olympia le 30 septembre 1983.

En 1991, il donne encore 249 concerts dans le monde mais annonce que l’Olympia, c’est fini pour lui.

Pourtant, l’année suivante, il repart en studio pour enregistrer un disque racontant sa vie « Une vie comme un roman ».
Les années 90 voient d’autres disques, concerts, chansons, Olympia et comédies musicales.

Il fait un 30e Olympia pour ses 70 ans.
Le 31e sera son dernier en 1999.

 

III - Mort et hommage à un géant

Un train de vie effréné et une consommation de cigarettes démentielles rendent Bécaud très malade.
Un cancer lui est diagnostiqué et c’est avec beaucoup de mal qu’il fait son 31e et dernier Olympia.Becaud olympia

Il meurt le 18 décembre 2001 d’un cancer des poumons et, lors de ses funérailles, c’est toute la profession de la musique et de la chanson qui rend un dernier hommage à Bécaud contrairement au média qui ignoreront son décès à l'exception d'un seul journal avec un petit article sur un chanteur "ringard".
Même l’Olympia, très lié à la carrière de Bécaud (personne n’a également son nombre d’apparition sur la scène de l’Olympia), lui rendra un dernier hommage lors du passage de son cercueil avec « Salut Gilbert Bécaud » écrit sur le fronton.

Un peu retombé dans l’oubli aujourd’hui et boudé par les médias qui le jugeaient ringard à sa mort, il reste un monstre sacré de la chanson française avec près de 50 albums

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