La bataille de Dürenstein

Quand 25 000 austro-russes encerclent la division Gazan du 8e corps du maréchal Mortier à Dürenstein, les premiers croient pouvoir tenir une victoire facile.
Pourtant, faisant preuve d’un immense courage, les français briseront l’encerclement et arriveront à rejoindre le reste de l’armée.

 

I - Contexte

Lorsque l’Autriche attaque la Bavière à la mi-août 1805, la guerre de la Troisième Coalition démarre.Marechal mortier

Reportant son invasion de l’Angleterre, Napoléon quitte Boulogne et transfère la Grande Armée sur le Rhin en 20 jours.
Il pousse le général Mack, par d’habiles manœuvres et un encerclement, à la reddition en seulement 4 jours (du 16 au 20 octobre) et avec peu de pertes.

Après cette victoire facile, Napoléon poursuit son avancée vers Vienne pour sortir l’Autriche de la guerre.

Le maréchal Mortier est envoyé avec la division Gazan prendre position à proximité du village de Dürenstein (où Richard Cœur de Lion fut un temps retenu prisonnier).
Alors que les 4 600 français s’engagent dans le défilé proche du village, une armée austro-russe commandée par Koutouzov les attaque le 11 novembre 1805.

 

II - La bataille

Les français, sous les ordres du maréchal Mortier sont environ 4 600 hommes.
En face se trouve une véritable armée austro-russe de 24 000 hommes sous le commandement du maréchal Koutouzov.

Les premiers affrontements, qui commencent au lever du soleil le 11 novembre, sont à l’avantage des français qui prennent 4 000 prisonniers, 6 drapeaux et 5 canons.
Mais le surnombre des coalisés (Koutouzov sait que les français sont peu nombreux) fait qu’ils persistent et encerclent les positions françaises.

La division française est alors complètement isolée.
Devant et derrière se trouve l’armée coalisée. A gauche, la chemin est bloqué par un défilé complètement inaccessible et à droite coule le Danube qu’ils ne peuvent franchir.

Le maréchal et les officiers délibèrent alors pendant longtemps pour décider de la meilleure façon de se sortir de cette fâcheuse situation.Bataille de durenstein
Le major Henriot propose alors de passer en force et de percer la ligne russe et promet que, si on soutient suffisamment l’action de ses troupes, il brisera l’encerclement.

Son plan est validé et on lui ordonne de passer à l’attaque.
Il se dirige alors vers les troupes en tête de colonne et s’adresse à eux :
« Camarades, nous sommes enveloppés par 30 000 Russes et nous ne sommes que 4 000, mais les Français ne comptent point leurs ennemis. Nous leur passerons sur le ventre. Grenadiers du 100e régiment, à vous l'honneur de charger les premiers. Souvenez-vous qu'il s'agit de sauver les aigles françaises. »

Ses hommes lui répondirent alors  « Major, nous sommes tous grenadiers ».

Il fait alors tirer les 6 derniers boulets de canons possédés par les français et lance la charge alors que la nuit tombe.

La colonne française avance alors sous le feu ennemi. Puis les grenadiers se précipitent et plantent leurs baïonnettes dans les soldats coalisés tout en tirant un coup de feu.
Le bruit de la détonation est épouvantable et effraye les austro-russes.
Ensuite, les sections françaises se replient les unes derrière les autres pour laisser à la suite la place de mener la même manœuvre.

La confusion gagne les troupes qui partent bientôt en déroute dans l’obscurité.
En tentant d’éclairer leur route, les coalisés mettent le feu au village de Leoben ce qui cause la mort de 500 blessés autrichiens.

La nuit est pleine de cris d’horreur et d’épouvante au milieu de scènes d’effroi et de destruction.
Mais les français réussissent à s’échapper.

 

III - Conséquences

Les français arrivent à percer la ligne et à s’échapper de cette inconfortable situation malgré une écrasante infériorité numérique ce qui fait que cette bataille est considérée comme une victoire française.
Ils perdront malgré tout 3 000 hommes dans cette journée de combat (journée + nuit).
En face, Koutouzov perd 6 000 hommes (dont le général autrichien Johann Heinrich von Schmitt, chef d’état-major des armées coalisées) ainsi que plusieurs drapeaux et canons.

Le 13 novembre, l’armée française entrera à Vienne et le 30, elle livrera la bataille d’Austerlitz.
La grandiose victoire de Napoléon à Austerlitz poussera l’Autriche à signer le traité de Presbourg qui met fin à la guerre de la Troisième Coalition ainsi qu’au Saint Empire Romain Germanique.

Austerlitz

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