La bataille de Saalfledt

Ayant lieu 4 jours avant les batailles de Iéna et d’Auerstaedt, l’affrontement de Saalfeld voit s’affronter une armée française commandée par le maréchal Lannes et une armée prussienne dirigée par l’héritier au trône de Prusse.

 

I - ContexteNapoleon regardant vers l angleterre

Alors que les coalisés se refaisaient une santé après la campagne d’Allemagne 1805 et la bataille d’Austerlitz, Napoléon organise et planifie son invasion de l’Angleterre.

Mais, poussé par l’aristocratie et la reine, le gouvernement de la Prusse déclare la guerre à la France.
C’est le début de la campagne de Prusse 1806 contre la 4e coalition, composée de la Prusse, de la Russie, de la Suède, du Royaume-Uni et de plusieurs états allemands refusant l’établissement de la Confédération du Rhin par Napoléon.

Encore auréolée de gloire par les victoires de Frédérick II pendant la Guerre de 7 ans (1756-1763), l’armée prussienne avance vers les français sans attendre les autres coalisés.

 

II - La bataille

Pour faciliter sa progression et sa logistique, Napoléon avance en 3 colonnes.

Le 9 octobre au matin, la colonne du centre de Bernadotte rencontre et bat les prussiens à la bataille de Saalbourg puis obtient une autre victoire rapide contre un petit corps prussien l’après-midi à Schleiz.

Le 10 octobre, l’avant-garde de la colonne gauche dirigée par le maréchal Lannes rencontre l’avant-garde prussienne avec le prince héritier Louis Ferdinand de Prusse à sa tête.

La colonne gauche est forte de 42 000 hommes mais l’avant-garde de Lannes n’est composée que de 13 000 soldats (dont 1 800 cavaliers).
En face, les prussiens ont 9 000 hommes (dont 2 000 cavaliers).Bataille de saalfeldt

Inconscient du nombre d’adversaires en face de lui, le prince engage la bataille.

A 9h, il organise ses troupes sur deux lignes avec la cavalerie et l’artillerie derrière pour cueillir les français sortant de Saalfeld.

A 10h30, Lannes décide de ne pas jouer le jeu du prussien.
Il contourne la ville par la gauche et se lance sur l’aile gauche adverse.

Une heure plus tard, l’armée prussienne commence à se disloquer.
Pour se dégager et se donner de l’air, le prince lance plusieurs bataillons en désordre qui se feront écraser.

A 14h30, les prussiens sont bousculés et repoussés partout.
Louis Ferdinand de Prusse se place alors à la tête de sa cavalerie et charge les français.

La suite est racontée par Napoléon :

« Voyant ainsi la déroute de ses gens, le prince Louis de Prusse, en brave et loyal soldat, se prit corps à corps avec un maréchal des logis du 10e régiment de hussard.
‘Rendez vous Colonel, lui dit le hussard ou vous êtes mort.’
Le prince lui répondit par un coup de sabre ; le maréchal des logis riposta par un coup de pointe, et le prince tomba mort.
Si les derniers instants de sa vie ont été ceux d’un mauvais citoyen, sa mort est glorieuse et digne de regret ; il est mort comme doit désirer mourir tout bon soldat. »

 

III - ConséquencesCarte campagne prusse pologne 1806 1807

Les français n’ont que 172 morts ou blessés.
Les prussiens, de leur côté, comptent 600 morts, 1 000 prisonniers et 30 canons perdus.

La perte du prince héritier au trône de Prusse chamboule moral des prussiens qui se mettent à paniquer au point qu’ils se mettront à tirer sur des autrichiens, les prenant pour des ennemis.

Cette victoire n’est que le début d’une campagne de Prusse 1806 express qui verra la destruction en une trentaine de jours des 280 000 hommes de l’armée prussienne notamment aux batailles de Iéna et Auerstaedt (14 novembre soit 4 jours plus tard).

La démoralisation des prussiens s’illustrera d’ailleurs parfaitement lors de la prise de Stettin par Lasalle.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire