Le siège de Gibraltar 1779

Parmi tous les épisodes de la guerre d’indépendance américaine, il y en a un qui est rarement mentionné et qui eut lieu en Europe : le siège de Gibraltar par une armée franco-espagnoles de 1779 à 1783.

 

I - Contexte

Quand la France intervient aux cotés des indépendantistes américains, l’Espagne la suit.Gibraltar
Les espagnols ne portent pas vraiment dans leur cœur les rebelles américains car une victoire de leur part pourrait faire souffler des idées indépendantistes sur les colonies espagnoles d’Amérique du Sud mais ils espèrent quand même récupérer des territoires stratégiques tels que la Floride ou Gibraltar.

Le rocher de Gibraltar, anglais depuis 1704, est une base militaire importante puisqu’elle permet de contrôler les navires qui voguent entre l’Atlantique et la Méditerranée.

N’appréciant pas non plus la main mise de l’Angleterre sur Gibraltar, les français enverront des navires et des hommes pour aider pendant le siège.

 

II - Le siège

La garnison britannique compte entre 5 500 et 7 000 hommes ainsi que 96 canons. Elle est ravitaillée par le Maroc (même si cette aide fut probablement minime) et la Royal Navy.

En face, pas moins de 60 000 hommes et 246 pièces d’artilleries sont réunis pour s’emparer du rocher tandis que 49 navires assurent le blocus.Siege de gibraltar 1779

Le siège débute le 24 juin 1779 et c’est le début de 3 ans d’échecs et d’enfer pour les franco-espagnols.Aucun assauts ne réussit et les idées les plus folles sont alors envisagées (même envoyer des bombes au vinaigre pour dissoudre le rocher).

Côté blocus maritime, ce n’est guère mieux.
La faible qualité des équipages espagnols font que la plupart des convois arrivent à passer. 7 navires sont d’ailleurs perdus face à la Royal Navy au Cap Saint-Vincent le 16 janvier 1780.

Alors que le siège s’éternise, les assiégeants décident de lancer une attaque navale de grande envergure grâce des prames, des navires de transport plats transformés en batteries flottantes avec un blindage de trois planches de bois et de sacs de laines.
Chaque prame embarque 40 canons et 200 hommes.

Le 13 septembre 1782, toutes les prames et la flotte s’avancent vers le fort.
Mais, prévenu de l’opération, le gouverneur britannique avait préparé ses défenses. Une pluie de boulets abatis sur les embarcations, perçant leur protection, et toucha les barils de poudre (chaque batterie avait assez de poudre pour tirer pendant deux jours en continu).
Les réserves explosèrent l’une après l’autre dans une déflagration en chaîne.

L’explosion des prames dut entendu jusqu’à Cadix (à environ 100 kilomètres de là) et les vitres furent soufflées à Gibraltar et Algésiras.

Un dernier convoi britannique de 183 navires de ravitaillement parvint à entrer dans la ville, après un court combat, le 11 octobre.

Découragés par les échecs successifs, les franco-espagnols lèvent le siège de Gibraltar le 7 février 1783.

 

III - Conséquences

Les assiégés perdent 333 morts lors des combats, 536 morts de maladie ainsi que 900 blessés.
De leur côté, les franco-espagnols ont perdus environ 5 000 morts et blessés notamment à cause de l’échec des prames.

Le commandant anglais, George Augustus Eliott, sera décoré de l’Ordre du Bain et sera nommer baron pour avoir tenu si vaillamment pendant le siège.

La guerre se terminera par la signature du traité de Versailles le 3 septembre 1783 (rien à voir avec le traité de Versailles du 28 juin 1919).
L’Espagne récupère la Floride et Minorque.
La France récupère Dunkerque et de nombreux territoires dans le monde.

Par contre, le traité entérine la souveraineté britannique sur Gibraltar.

Traite de versailles 1783

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