Une guerre de sots pour un seau

D’innombrables guerres ont eu lieu à la surface de la Terre.
Elles sont souvent déclenchées pour les mêmes raisons comme la gloire, la prise de territoire, avoir plus de richesses ou au nom de la religion.

Mais parfois, elles se déclenchent pour des raisons plus surprenantes.
Ce fut le cas du conflit opposant Bologne et Modène en 1325 et qui fut causé par le vol d’un seau en bois.

 

I - Origine du conflit

La cause directe de la guerre remonte à un simple vol.Modene bologne
Des soldats de la ville de Modène présent à Bologne dérobèrent un seau en bois.
Bologne le prit alors comme une insulte et déclara la guerre en 1325.

Mais les origines du conflit sont à rechercher plusieurs centaines d’années auparavant dans les conflits pour le contrôle de l’Italie du Nord.
En effet, depuis 1176, les gibelins (soutenant l’Empereur du Saint Empire Romain Germanique) et les guelfes (soutenant le Pape) s’opposent pour offrir à leur prétendant le contrôle de l’Italie du Nord.

Les tensions et les conflits se sont accumulés entre les villes guelfes (dont Bologne) et les gibelins (dont Modène) ce qui fit qu’un jour de 1325, une guerre arriva entre ces deux villes.

 

II - La guerre du seau et la bataille de Zappolino

Le conflit entre les deux villes fut assez court, seulement quelques mois.
Et pendant cette durée, il n’y eu qu’un seul affrontement de taille, la bataille de Zappolino.

Sur la pente menant au château de Zappolino, les bolonais affrontèrent les modénais.Bataille de zappolino 1
Ces derniers avaient réussi à réunir 5 000 fantassins et 2 800 cavaliers. En face, on compte 30 000 fantassins et 2 500 cavaliers dans l’armée de Bologne.

Le surnombre est écrasant. C’est d’ailleurs un des plus gros affrontements du Moyen-Age.
Mais si l’armée de Modène était constituée de beaucoup de mercenaires germaniques (experts en combat et en art militaire), les troupes bolonaises ont été assemblées et amenées à la hâte sur le champ de bataille.

La bataille commença dans l’après-midi du 15 novembre 1325 et ce sont les modénais, en infériorité, qui sont directement à l’offensive.
L’infanterie attaque frontalement la cavalerie et l’infanterie ennemie.
Pendant ce temps, la cavalerie de Modène lance une attaque sur le flanc ennemi.
Complètement surpris et paniqués par ce mouvement, les soldats de Bologne commencent à fuir et c’est rapidement la débâcle après moins de deux heures de combat.

Les pertes combinées des deux armées sont d’environ 2 000 hommes avec la bataille qui est gagnée par une armée modénaise en bien fâcheuse infériorité.

Dans les semaines qui suivirent, l’armée de Modène captura plusieurs villages et châteaux avant d’arriver sous les murs de Bologne.
Elle n’assiégea pas la ville mais passa juste quelques jours au pied des murailles à faire quelques courses et tournois avant de faire demi-tour.

 

Guerre des seaux

III - Fin du conflit et passage à la postérité

La paix entre les deux villes fut signée en janvier 1326.
Modène rendit toutes les possessions qu’elle avait capturée en échange d’une forte somme d’argent.

N’ayant occasionnée aucune conséquences historico-politiques, le conflit aurait dû tomber dans l’oubli même s’il reste un moment dans les mémoires des habitants de ces deux cités s’ayant entretué pour un simple vol de seau.

Ce souvenir persista grâce à son absurdité mais aussi grâce à Antonio Beccari, un poète nomade italien vivant à Oleggio, un village non loin de Milan.
Dans un poème chantant la cruauté et la traitrise de l’âme humaine, il fait référence à cette guerre du seau et la bataille de Zappolino.

Décidemment, une guerre de sots.

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