Otton III, parti trop tôt pour marquer

3e empereur du Saint Empire Romain Germanique a monter sur le trône, le règne d’Otton ne sera pas de tout repos. Roi à 3 ans, baladé entre plusieurs tuteurs, il tentera une fois adulte de réunifier sous sa coupe tout le monde chrétien occidental. Mais la mort le prendra trop jeune pour qu’il puisse réaliser son projet.

 

I - Une enfance troublée

Né à l’été 980 d’Otton II et de Théophano Skleraina, Otton est couronné roi de Germanie à l’âge de 3 ans en 983. En effet, à l’époque, quand le souverain prend la tête d’une armée, il est d’usage de désigner un successeur pour éviter les problèmes en cas de mort inopinée sur le champ de bataille ou en campagne.Serg 1000
Et c’est ce qui finit par arriver à Otton II qui meurt de maladie en décembre 983. La nouvelle de sa mort arrive 3 semaines après le couronnement du petit Otton.

Trop jeune pour gouverner, l’enfant est confié à Henri le Querelleur (neveu d’Otton I, il s’était rebellé contre Otton II avant d’être emprisonné puis libéré à la mort de ce dernier).
Un contrôle sur le jeune roi dont Henri va essayé de profiter en tentant de se faire proclamer roi pour partager l’Empire à son profit. Ces tentatives échoueront et Henri devra renoncer à la régence pour éviter une guerre de succession qui serait advenu au pire moment alors que les Slaves et les Danois ravagent les territoires frontaliers et annihilent les gains territoriaux des précédentes campagnes d’Otton II.

L’enfant-roi est donc confié de 985 à 991 à sa mère Théophano qui, assistée du duc de Pologne, mènera campagne contre les Slaves.
C’est pendant cette régence que Lothaire, roi de Francie, meurt ce qui met fin aux prétentions des rois francs sur l’Empire.
A la mort de Théophanie, c’est Adélaïde de Bourgogne (dernière femme d’Otton I et grand-mère de l’enfant) qui devient régente même si son petit-fils a commencé à s’entourer d’un conseil (dont fait parti Henri le Querelleur qui est devenu entièrement loyal à Otton).

En 994, à l’âge de 14 ans, il devient adulte selon les standards de l’époque et devient le roi régnant de Germanie.

 

II - L’avènement d’Otton III et les problèmes italiens
 

En 995, Otton profite de l’été pour lancer une campagne contre les slaves de l’Elbe pour calmer leurs pillages quasi ininterrompus depuis 983.
En septembre, une délégation part pour Byzance pour négocier le mariage du futur empereur avec une princesse byzantine. Ces négociations aboutiront peu de temps avec la mort du roi et il ne rencontrera jamais sa promise.

L’Elbe protégé, Otton se décide à descendre en Italie au printemps 996 pour secourir le Pape Jean XV qui demande son aide.Otton iii
Lors de son voyage, il améliore ses relations avec Venise et, à Pavie, reçoit une délégation de Rome.
Jean XV est mort et c’est à lui qu’on demande de désigner le nouveau souverain pontife. Brun de Carinthie, chapelain du roi, devient ainsi le premier pape d’origine germanique (et premier pape non italien) sous le nom de Grégoire V. Un pape qui proclame Otton empereur des Romains le 21 mai 996. Il devient alors Otton III. Mais ce pape étranger et peu diplomate choisit sans consultation des puissantes familles aristocratiques romains déplaît fortement et sa popularité dégringole rapidement. Son pouvoir ne tient ainsi que grâce à la présence de l’empereur.
Ainsi, quand Otton quitte Rome pour retourner en Germanie, Grégoire V est chassé en septembre 996 et l’antipape Jean XVI est nommé à sa place.

Otton III décide de ne pas tout de suite retourner en Italie et préfère rester un peu en Germanie pour protéger ses frontières. C’est ainsi qu’il lance une nouvelle campagne contre les Slaves de l’Elbe à l’été 997 avant de repartir en Italie à la fin de l’année.
Il arrive en février 998 avec une telle armée que les Romains décident de ne pas se battre.
Jean XVI s’enfuit mais il est rattrapé. Ses yeux sont crevés, son nez coupé et sa langue arraché avant d’être traîné dans les rues pour lancer un message : « On ne remet pas en cause la décision de l’empereur et de Grégoire V ».

Otton III se fait alors construire un palais dans la Ville Éternelle, organise sa cour à la byzantine et annonce la Restauration de l’Empire Romain.

 

III - Un rêve de grandeur éteint trop tôt
 

L’Empereur décide alors de rester quelques temps à Rome. Il bat contre la simonie (l’achat de charges et biens ecclésiastiques) et force les aristocrates italiens à rendre toutes les possessions de l’Église entre leurs mains. Et pour éviter de se les mettre à dos, il leur donne de nouveaux postes et responsabilités au palais et à la cour.
Il décide également de mettre en œuvre ce que ces deux prédécesseurs avaient fait en Germanie : créer des domaines ecclésiastiques et mettre ses proches à leur tête. Ce sont ainsi des territoires qui lui sont fidèles et qui reviennent à l’Empire à la mort du propriétaire car les territoires religieux ne peuvent être transmit de manière héréditaire.

En 999, lors d’un pèlerinage sur le Mont Gargano pour expier les tortures sur Jean XVI, Otton apprend la mort de Grégoire V à Rome. Il nomme alors son précepteur, Gerbert d’Aurillac, comme Pape sous le nom de Sylvestre II.Otton iii 2

Otton finit par quitter Rome en décembre 999 pour un pèlerinage à Gnesen en Pologne. Il fait d’ailleurs de la ville un archevêché ce qui fonde l’Église de Pologne.
Il retourne ensuite à Aix la Chapelle, sa capitale et 2e cité préférée après Rome. Il y fait ouvrir le tombeau de Charlemagne, un acte fortement critiqué à l’époque mais qui est le point de départ du culte voué au souverain carolingien.

Otton III s’en retourne ensuite à Rome à l’été 1000 pour apporter son avis sur la résolution de plusieurs querelles entre évêques.
Début 1001, il réprime une révolte à Tivoli puis une autre à Rome. Mais la résolution de ces troubles de façon pacifique, l’opinion reste agitée et ses conseillers poussent l’Empereur à quitter temporairement la ville pour rassembler des troupes.
Il s’en va donc à Ravenne où il ressert encore plus ses liens avec les Doges de Venise, cré l’évêché de Gran et demande au nouvel évêque de couronné roi l’fort de la région, Étienne de Hongrie.

Malgré ces activités et développement du christianisme à travers l’Europe (Étienne deviendra le saint patron de la Hongrie pour son travail dans l’évangélisation de son territoire), Otton reste abattu par sa fuite de Rome et son impopularité dans cette ville si chère à son cœur.
Il déclare alors se donner 3 ans pour réparer les erreurs qu’il a commit (on ne sait pas aujourd’hui qu’elles sont les erreurs dont il parle) avant de quitter le pouvoir et de rentrer dans les ordres.

Mais il n’en aura pas le temps. Cherchant à rejoindre Rome fin 1001, il est prit d’une forte fièvre et meurt.

Otton III s’éteint ainsi sans héritier le 23 janvier 1002 à Faléria, non loin de Rome.
Sans avoir pu revoir une dernière fois la ville qu’il avait tant aimé mais qui l’avait tant détestée.

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