Dupuy de lome a maubeuge

Le Dupuy-de-Lôme

culturalis Par Le 29/07/2021

Faire de grandes choses pour son pays ou pour son armée nationale vous permet, une fois que la mort vous a emportée, d’avoir peut-être un jour votre nom donné à un nouvel équipement militaire (avion, navire, etc.).
Et ce fut le cas d’Henri Dupuy de Lôme.

Stanislas Charles Henri Laurent Dupuy de Lôme (1816 – 1885) est un ingénieur militaire, inventeur de génie (et dans le génie militaire) et politicien français.
Et je me demande VRAIMENT pourquoi il n’est pas plus connu du grand public vu toutes les inventions qu’il a mit au point :

 

- le premier navire de ligne à vapeur du monde (le Napoléon en 1850)
- le développement de la cuirasse pour la marine qui donna naissance au navire La Gloire, le premier navire cuirassé en 1852.
- la conception du premier sous-marin vraiment fonctionnel et opérationnel au monde (qui sortira des ateliers de production 3 ans après sa mort en 1888).
- la création du premier train blindé en installant des canons de marine sur des wagons (parce que pourquoi pas)
- Et enfin, en 1870, la mise au point du premier aérostat dirigeable mu par une hélice. Il est d’ailleurs considéré comme le père français du dirigeable.

Il sera élu à l’Académie des Sciences en 1866, député du Morbihan de 1869 à 1870 et sénateur de 1877 à 1885. Décoré de tous les grades de la Légion d’Honneur (il recevra l’ultime grade de grand officier en 1863), il reçoit également de nombreuses autres distinctions d’autres pays (Autriche-Hongrie, Savoie et Empire Ottoman) pour son travail.

 

Avec un tel pedigree, pas étonnant que l’on donne son nom à un dirigeable français.
C’est ainsi le 4e engin de la classe Clément-Bayard lancé le 1er mai 1912 qui prendra le nom de Dupuy-de-Lôme.

Et son début de carrière est brillant.
Il bat le 20 mai le record d’altitude en dirigeable (2943m) et participe au défilé du 14 juillet la même année.

Mais l’arrivée de la Première Guerre Mondiale va marquer son destin du sceau de la tragédie (et du manque de bol).
Au début du conflit, il est l’un des 6 dirigeables de l’armée française et possède son hangar a Maubeuge, dans le Nord.

Le 20 août 1914, il effectue une mission de bombardement près de Louvain en Belgique puis revient vers sa base. Mais l’avance rapide des allemands le force a se replier et il quitte définitivement Maubeuge le 23 août au soir.

 

Au abord de Reims, des soldats français voient apparaître, dans la nuit du 23 au 24 août, un dirigeable venant de l’est.
Ignorant la présence de tels engins dans leur armée et pensant avoir affaire à un zeppelin, ils tirent dans sa direction sans avoir reçu le moindre ordre dans ce sens.
Mais ce n’était pas un zeppelin, c’était le Dupuy-de-Lôme.
Touché, le dirigeable s’enflamme et va s’écraser près de Courcy dans la banlieue de Reims.

 

Une triste fin pour un engin ayant le nom d’un si brillant personnage.

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