La guerre italo-ottomane

Autrefois une grande puissance, l’Empire Ottoman n’est plus que l’ombre de lui même au début du XXe siècle.
Attaqué de toute part, il perd régulièrement de larges morceaux de son territoire.

Ici, nous verrons le conflit qui opposa l’Italie à l’Empire Ottoman en 1911 et 1912 et qui donna au pays transalpin la Libye et le Dodécanèse.

 

I - Contexte

Unifié tardivement, l’Italie n’a pas pu participer avec les autres nations européennes à la course aux colonies.Guerre italo ottomane carte
Cependant, pour obtenir des ressources à bas prix et agrandir sa puissance et son prestige, le pays se met à la recherche de territoire à récupérer.

La Libye serait une possibilité intéressante et l’Italie s’y intéresse depuis 1879.
En mars 1911, une importante campagne de lobbying italienne commence pour persuader le peuple de l’intérêt de cette invasion et pour tâter la température chez les autres puissances occidentales.

Le 26 septembre 1911, un ultimatum est envoyé à l’Empire Ottoman pour qu’il cède la Libye.
Celui-ci accepte à la condition que le territoire reste sous suzeraineté ottomane malgré son appartenance à l’Italie.

Ce n’est pas acceptable pour le gouvernement transalpin qui déclare la guerre le 29 septembre 1912.

 

II - La guerre italo-ottomane

L’armée ottomane n’est pas prête pour une guerre moderne.
Son armée est alors en plein processus de restructuration et de modernisation avec l’aide de l’Empire Allemand.
De plus, sa flotte est encore essentiellement constituée de navires de bois.Guerre italo ottomane

La ville de Tripoli est conquise le 3 octobre après un bombardement du port.
Une dernière tentative de négociation est rejetée et les ottomans se préparent à la défense de la province. Ne pouvant recevoir de renforts, la défense sera assurée par 8 000 turcs et 20 000 bédouins qui sont organisés par les officiers turcs.

Les italiens commencent le conflit avec une force d’invasion de 20 000 hommes (jugée largement suffisante par l’état major) qui débarque le 10 octobre.
Plusieurs villes d’importance sont prisent mais ils butent et sont repoussés devant Benghazi.
Après quelques revers, la force d’invasion est portée à 100 000 hommes.

Ils engagent aussi de nouveaux moyens comme des automitrailleuses ou des avions pour observer et bombarder (on avait évoqué l’utilisation de l’aviation dans ce conflit ici).

Le conflit s’enlise un peu avec des italiens contrôlant la côte et des ottomans qui contrôlent l’intérieur des terres.
Une offensive italienne vers l’intérieur fut arrêtée par une force 10 fois inférieure dirigée par Mustapha Kemal. Alors officier ottoman, il deviendra le premier président de la Turquie le 29 octobre 1923.

D’autres opérations mineures eurent lieu au Yémen avec des manœuvres de diversion de la part des italiens à la fin 1911.

L’Italie occupa aussi les îles du Dodécanèse malgré la colère de l’empire austro-hongrois qui avait peur qu’une trop lourde défaite ottomane ne pousse les grecs et les serbes à avoir des envies de conquête.

Et effectivement, en septembre 1912, la Bulgarie, la Grèce et la Serbie se prépare à la guerre.
Le 8 octobre, c’est le début de la première guerre balkanique et les italiens profitent de leur avantage pour sortir du conflit.

La paix est signée à Lausanne le 18 octobre 1912.

 

III - Conséquences du conflitPetit journal conquete libye par l italie

Les italiens sont les grands gagnants de cette guerre.
Ils perdent 3 421 morts (1 432 dans les combats et 1 948 de maladie) et comptent 4 220 blessés.
En face, l’Empire Ottoman déplore la perte de 14 000 hommes.

Le traité de paix donne à l’Italie les provinces de Tripolitaine, de Cyrénaïque et de Fezzan qui formeront la Libye italienne.
Le contrôle de cette région restera partielle jusqu’aux opérations de « pacification »menées dans les années 1920.

Les italiens gardent également le contrôle des îles du Dodécanèse.
L’armistice de la Première Guerre Mondiale spécifié que ces îles devaient revenir à la Grèce mais la défaite de l’armée grecque face à la Turquie ans le conflit qui les oppose après guerre (et où s’illustre le Giorgios Averoff) crée une situation non prévue dans le traité de Lausanne.
L’Italie annexe donc ces territoires en 1923.

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