Le siège de Belfort 1870-1871

Aujourd’hui, la ville de Belfort se situe dans l’un des plus petits départements de France : le Territoire de Belfort qui porte le numéro 90.
La création de ce département en 1922 trouve son origine lors du siège de Belfort qui dura du 3 novembre 1870 au 18 février 1871.Denfert rochereau

I - Contexte : La guerre franco-prussienne

Au long du XIXe siècle, les question de nationalisme et d’appartenance à un Etat bourdonnent dans toute l’Europe et notamment en Italie et dans les états allemands (seuls ces derniers nous intéresseront aujourd’hui). Mené par la Prusse, cet élan national allemand gagne peu à peu les autres états dans une dynamique de guerres victorieuses pour l’unité germanique face au Danemark (1864) et l’Autriche (1866). Et pour la Prusse, la dernière étape avant cette unification est une guerre contre la France du IIe Empire de Napoléon III.

Suite à des maladresses françaises et quelques imbroglios diplomatiques, la France déclare la guerre à la Prusse qui reçoit l’assistance militaires de tous les autres états allemands le 19 juillet 1870.

 

Belfort est une ville française stratégique située entre les Vosges et le Jura et sa chute ouvrirait complètement la voie à l’écrasement des armées en Lorraine et Champagne.
Ainsi, après la chute de Strasbourg le 28 septembre, les prussiens commandés par les généraux von Werder et von Tresckow arrivent en vue de Belfort le 3 novembre pour une prise de la ville qu’ils espèrent rapide.

 

II - Siège et résistance de Belfort

Lieutenant-colonel et chef du service du génie de Belfort depuis 1864, Aristide Denfert-Rochereau est nommé gouverneur de la ville le 19 octobre avec le grade de colonel.
Le 3 novembre, les troupes ennemies sont en vue de la ville.

Devant la demande de capitulation prussienne, le nouveau gouverneur répond : « Nous connaissons l’étendue de nos devoirs envers la France et envers la République et nous sommes décidés à les remplir. »
C’est le début du siège.

Les prusso-allemands disposent de 44 000 hommes pour faire lâcher la garnison de 17 700 français.Belfort apres le siege

En raison de la portée des armes à feu de l’époque, le but d’un siège est de s’emparer d’une position avantageuse pour bombarder la ville. C’est donc les faubourgs et les fortins périphériques qui sont réellement stratégiques.
Et Denfert-Rochereau l’a bien compris. Pendant qu’il était responsable du génie de la ville, il avait renforcé les forts et villages autour de Belfort et notamment la redoute des Perches, point clé de la défense.

On voit ainsi la garnison faire de très nombreuses sorties et s’accrocher à des positions retranchées autour de la ville. Ils parviennent ainsi à faire reculer à plusieurs reprises les allemands qui abandonnent peu à peu leurs espoirs d’une prise rapide.

Ainsi, le 3 décembre 1870, ils font venir et installer 200 gros canons pour bombarder les points fortifiés. Ils tireront 400 000 coups sur toute la durée du siège soit environ 5 000 par jour ce qui est beaucoup pour l’époque.
Les allemands avancent ainsi peu à peu surtout que la garnison est décimée par la variole et le typhus. Mais les défenseurs espèrent car une armée de secours est en approche.

En effet, l’armée de l’Est commandée par le général Bourbaki a pour ordre de libérer Belfort.
Mais après la victoire de Villersexel le 9 janvier, Denis Bourbaki n’exploite pas son avantage (à l’image de Bazeine après Mars la Tour) mais il perd ensuite à Héricourt et sera forcé de faire retraite vers la Suisse.

De plus, la redoute des Perches tombe le 8 février. La route vers le château de la ville est grande ouverte et Belfort peut tomber à tout moment.
Mais le 15 février 1871, l’armistice est signé et le 18, le gouvernement donne l’ordre à Denfert-Rochereau de rendre les armes. Il a tenu jusqu’à la fin de la guerre.

C’est la fin d’un siège de 107 jours et la garnison quitte la ville avec les honneurs.

 

III - Conséquences du siège et postérité

Le siège coûte la vie à 2 000 prussiens.Lion de belfort
De l’autre côté des murs, 4 750 hommes de la garnison trouvent la mort avec 336 civils et la ville est complètement ravagée.
Quasiment tous les bâtiments ont été touchés et endommagés dans les combats.

Mais la résistance héroïque et inattendue de Belfort eut une conséquence assez particulière.
En effet, suite à l’armistice l’Alsace et la Lorraine sont données à l’Empire Allemand et Belfort devait devenir allemande car faisant partie de l’Alsace.
Mais sa résistance permit à Adolphe Thiers de négocier et d’obtenir son maintien dans le territoire français en tant qu’ « Arrondissement subsistant du Haut-Rhin ».
Il reste séparé de la région en 1919 avec le retour du Haut-Rhin à la France et devient officiellement le département 90 le 18 février 1922 sous le nom de « Territoire de Belfort » (même s’il ce n’est techniquement pas un département puisqu’il est dépourvu de Cour d’Assises mais on s’éloigne du sujet).

Autre reconnaissance de cette résistance, depuis 1896, les armoiries de la ville portent la Croix de la Légion d’Honneur.
Une statue fut également érigée pour féliciter les habitants. Une statue qui représente encore aujourd’hui la ville au niveau national et au-delà : le Lion de Belfort.

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