La bataille de Poitiers 1356

Quand on parle de la bataille de Poitiers, on évoque toujours la victoire en 732 de Charles Martel face aux Omeyyades.
Pourtant, il existe une autre bataille de Poitiers en 1356 qui a très mal tournée pour les français.

 

I - ContexteGuerre cent ans

Depuis 1337, une guerre de succession pour le trône de France voit s’affronter les Plantagenêt (détenteurs de la couronne d’Angleterre) et les Valois (détenteurs de la couronne de France).

L’Angleterre, possédant moins d’habitants et d’argent que son adversaire, décide de mener une guerre offensive en utilisant la tactique de la chevauchée.
Cela consiste a utiliser une petite armée réduite et très mobile pour piller et dévaster les villes et les campagnes. Cela permet à l’armée de s’autofinancer et d’appauvrir l’ennemi mais au détriment de la population. Cela vise aussi à prouver que le roi de France ne peut protéger son peuple, la lourde armée française étant plus lente que les anglais très mobiles.

Devant les succès de ces campagnes, les anglais entreprendront plusieurs chevauchées dont une en 1356.
Cette chevauchée dévaste le Périgord, le Limousin, la Sologne et une partie du Poitou avant que le roi de France, Jean II le Bon, ne se mette à poursuivre les anglais.

Pour cela, il se sépare de la moitié de son armée et conserve les cavaliers pour être plus rapide.
Après un bref accrochage à la faveur des anglais le 17 septembre, des négociations s’engagent.
Les français demandent l’incarcération de l’héritier au trône d’Angleterre, Edouard de Woodstock aussi connu comme Le Prince Noir et présent sur les lieux, ainsi que l’abandon des prétentions anglaises sur le trône de France.
Les anglais refusent et les armées se préparent pour livrer bataille le 19 septembre.

 

II - La bataille de Poitiers

Malgré la division de leur armée pour poursuivre les anglais, les français sont en nette supériorité avec 16 000 hommes dont plusieurs centaines de cavaliers.

En face, les anglais ont une armée réduite de 7 000 hommes dont 4 000 archers et 2 000 fantassins. Mais ils se retranchent derrière des haies et des enclos et préparent des pièges.

Le matin du 19 septembre, les deux armées se font face.Bataille de poitiers 1356
C’est alors que le maréchal d’Audrehem et le maréchal de Clermont se disputent sur l’interprétation d’un mouvement mineur ennemi. Ils se disputent tellement qu’ils décident de lancer une charge chacun de leur côté sans attendre les ordres royaux.

La charge d’Audrehem est anéantie par des archers cachés derrière des haies.
Celle du maréchal de Clermont (rejoint alors par le Connétable de France Gauthier IV de Brienne) subit un sort similaire.

L’infanterie lance alors une attaque désordonnée vers les anglais.
Mais les pièges, les obstacles et les haies désorganisent encore plus des soldats qui s’agglutinent et se gênent dans leurs mouvements tandis que les flèches anglaises pleuvent sur eux.

La mort des deux maréchaux et du connétable pèse lourd sur le moral et l’efficacité de la chaîne de commandement.

C’est alors que les troupes françaises qui n’avaient pas encore été engagées se mettent à quitter le champ de bataille.
En effet, depuis une ordonnance royale de 1351, les seigneurs bannerets pouvaient quitter une bataille s’ils considéraient le combat comme perdu. Cela évitait aux seigneurs de risquer la mort ou la captivité (ce qui impliquait le payement d’une rançon) si le combat n’en valait plus la peine.

Voyant la bataille perdue, le roi de France décide de faire quitter le champ de bataille à ses enfants.
Puis il met pied à terre, prend une hache d’arme et attend l’ennemi, entouré de ses derniers chevaliers et prêt à faire le sacrifice de sa vie pour aider la retraite de son armée mais surtout pour garder la face, une attitude non chevaleresque discréditerait les Valois.
Il se battra jusqu’à l’épuisement aux côtés de ses derniers fidèles et de son dernier fils (âgé de 14 ans), revenu sur le champ de bataille, Philippe qui prendra alors le surnom de Hardi.

Jean II et son dernier fils sont finalement fait prisonniers.
C’est le deuxième roi de France a être fait prisonnier sur un champ de bataille, le premier étant Louis IX à la suite de la bataille de Mansourah.

 

Capture jean 2 le bon

III - Conséquences

La victoire des anglais, pourtant en nette infériorité numérique est écrasante.
Ils perdent 150 archers et 190 fantassins.
De l’autre côté, les français laissent 6 000 morts (dont 17 comtes, 1 archevêque, 66 barons, 2 maréchaux et le connétable) ainsi que 2 000 prisonnier dont le roi de France.

La défaite est encore plus amère que la tactique anglaise est la même que celle de la bataille de Crécy, qui avait eu lieu 1à ans auparavant.

Le récit du courage héroïque du roi augmente considérable sa popularité auprès du peuple français qui fait alors de nombreux dons pour payer sa rançon (fixée à 3 millions d’écus, elle ne sera payée qu’au tiers au moment de sa mort).

Si le prestige du roi s’accroit, celui de la noblesse est détruit et de nombreux troubles éclatent.
La Navarre (dirigée par le cousin et beau frère du roi de France) décide de se rapprocher de l’Angleterre pour agrandir son territoire) et, lors du traité de Brétigny (1360) permettant la libération du roi, la France doit céder la quasi-totalité du sud-ouest à l’Angleterre.

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